Estelle ARTUS

(France)


I love Korea and Korea loves me

Le spectateur voit, tout d’abord, l’image d’une jeune femme dans le couloir d’un hôtel. Son corps, en mouvement, est mis en parallèle avec des images de la ville de Séoul. Subitement, la jeune femme perd connaissance et elle est transportée, par un homme, dans une des chambres de l’hôtel.
Cette vidéo met l’accent sur les mouvements du corps, des gestes sans liens logiques et qui répondent aux passages d’un lieu à l’autre.
De passage dans cette ville, Séoul, dans ce pays, la Corée, je n’ai pas cherché par ce film à retranscrire, redonner, rendre compte de ce que j’y avais vécu, mais simplement à y vivre directement l’état d’étranger, la résistance qu’implique cet état, et le vertige d’un abandon, d’une ivresse, d’une chute.

DEMARCHE ARTISTIQUE
Ce que l’on remarque d’emblée dans le travail vidéo d’Estelle Artus c’est la présence d’une image où l’on retrouve des morceaux « familiers » de bandes son, de films ou de dialogues, sans que leur reconnaissance ou l’impossibilité de celle-ci, ne soit jamais un problème. La référence reste distanciée, souvent ironique, toujours légère même dans la caricature, et chaque vidéo de l’artiste peut parfaitement être appréciée sans que le spectateur ait seulement connaissance de l’espace filmique auquel elle n’emprunte parfois qu’une atmosphère. Questionnée à ce sujet, Estelle Artus admet qu’il lui importe peu que les films avec lesquelles elle compose soient identifiables a posteriori dans ses œuvres. C’est moins le film comme objet de reconnaissance et d’intégration culturelle qui la touche qu’une émotion de l’instant, c’est-à-dire de la scène. Certaines ambiances, certains plans, et parfois à peine plus qu’un dialogue suffisent à faire œuvre. Dans la reprise de ces éléments cinématographiques, par le fait de les rejouer, de s’y intégrer ou de les convoquer, par bribes, dans un nouveau travail plastique, il y a le désir de proposer une expérience à la fois très singulière et pourtant détachée de toute histoire subjective. Désir certes illusoire, mais toujours lucide sur ses propres limites et jamais stérile. En effet, l’acte créatif maintient ce mouvement dans la force de son paradoxe. Dans ses œuvres vidéos comme dans ses installations, Estelle Artus questionne l’identité de ses acteurs en restant volontairement dans un espace indéfinissable, étrange, obscène, se jouant des déterminismes sexuels comme des codes de la représentation. Les symboles du pouvoir et les identités sont ainsi mises à mal directement par les corps et par un jeu avec les figures archétypales de la fiction. Ces corps deviennent des lieux de transit, de déréliction, emprunts de maladresse, ils sont toujours ce par quoi l’humain advient.

CV
France
Vit et travaille à Paris
Mail : estelleartus@aol.com

Expositions
2003
Février / Mars Jeune Création Grande Halle de la Villette. 75019 Paris.
Février L’art domestique n°2
Galerie Takako Richard, 75004 Paris.
2002
Novembre Mute
Paris Project Room. 75010 Paris
Octobre Mapping Korea
Centre d’art contemporain de Séoul. Séoul, Corée du sud
Septembre L’art domestique
Cité Internationale Universitaire de Paris. 75015 Juillet Come Into.
Espace Come In. 75011 Paris
Juin Love Video
Programmation art vidéo
Galerie CAD. Moscou, Russie
Mai Love Video
Programmation art vidéo
Présenté durant le 55ième festival de Cannes
Espace du ministère de la jeunesse et du sport. 06400 Cannes
Mars That The Way They Are
Galerie de la Friche de la Belle de mai. 13003
Février Chochacabana
Programmation art vidéo
Le CAFE OZ. 75009 Paris
Février Jeune Création
Grande Halle de la Villette. 75019 Paris
2001

Février Ego(s) volet 3
Centre d’art contemporain de Clamart.
Décembre La Micro
Galerie 77, 75013 Paris.
Exposition présentée également à Renne, Marseille et Orléans. Ainsi qu’en Corée à la Galerie ArtsWILL, 55-1, Kwanhundong, jonglogu, Séoul, août 2002
Octobre La Chambre Rouge
Glaz-art. 75019 Paris
Juin Immersion Périscopique
Arsenal / Centre d’art contemporain de Soissons. 02200 Soissons
Avril Jeune Création
Grande Halle de la Villette. 75019 Paris
Janvier Trafic de clones
Galerie Trafic. 94200 Ivry

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